Écrit par : Christian Janfils Le : 1 septembre 2026 Catégorie : Conseils & Astuces, Réfléxions

Depuis près de 20 ans que je travaille dans les solutions commerciales et techniques d’e-commerce, il m’est arrivé régulièrement de rencontrer des patrons d’entreprise désemparés par rapport aux solutions techniques disponibles pour leurs sites e-commerce.

Trop souvent, leur choix technique lors du lancement ou du renouvellement de leur e-commerce est basé sur l’offre du marché plutôt que sur leurs réels besoins.

Cet article a pour but d’apporter une lumière différente sur le choix et, plus généralement, la comparaison des solutions e-commerce, de manière à aider les patrons de PME actives dans l’e-commerce à faire des choix éclairés, pour maximiser les chances de succès des projets de lancement ou de migration e-commerce.

D’abord, pourquoi faire la différence entre « logiciels » ou « plateformes » ?

Depuis plus de dix ans, le marché IT global pousse pour des solutions de type plateformes plutôt que des logiciels libres de droits ou sous licence. Est-ce une bonne approche ou est-ce un biais suggéré par les éditeurs de plateformes ?

Aujourd’hui la tendance que le marché IT promeut consiste en effet à louer des services plutôt qu’à investir dans l’achat de licences. Concrètement les offres IT, y compris pour les outils d’e-commerce pour monter un site de ventes en ligne, proposent deux pistes en mode « service louée  »  :

  • Le SAAS pour Software as a service : il s’agit de louer une licence plutôt que de l’acheter,
  • Le PAAS pour Platform as a service : il s’agit de packager ensemble un logiciel avec un hébergement pour faire du « prêt à consommer »,

A côté de cette approche « Cloud » (SAAS ou PAAS), la méthode plus classique consiste à acheter son logiciel (ou à exploiter un logiciel libre de droits) et à l’héberger. Dans ce cas, l’e-commerçant découpe le PAAS en couches (hébergement, e-commerce, SEO, etc) et s’occupe lui-même (avec des partenaires) de la mise en œuvre de ces couches.

Cette approche de packager un outil avec un hébergement est une tendance différente de celle des logiciels libres de droits. Contrairement aux logiciels facturés (à l’achat ou en location), les logiciels libres de droit ont pris des parts de marché importantes ces dernières années, y compris dans l’e-commerce avec de très beaux outils, parfaitement matures et sans facturation mensuelles de droits d’usage.

  • Plateforme (PAAS) : Shopify, WIX
  • Logiciels : Magento, PrestaShop, Woo Commerce
  • Certains hébergeurs proposent les logiciels en mode SAAS, càd en packageant un hébergement avec un logiciel libre de droits, exemple WordPress et Woo Commerce préinstallés sur un hébergement

Avantages et inconvénients respectifs

Avantages des logiciels

  • L’e-commerçant est « propriétaire » et non pas « locataire » de son site e-commerce. Il faut donc considérer cette approche comme un investissement au même titre qu’un parc machines ou des entrepôts. Le retour sur investissement viendra plus tard, mais il sera persistant,
  • Cette démarche est à la fois « prêt à porter » (lorsque le logiciel est mis en œuvre d’une manière standard) et de « tailleur » puisque l’e-commerçant peut décider à tout moment de faire évoluer les fonctionnalités de son logiciel pour l’enrichir et se différencier,
  • Tous les besoins fonctionnels peuvent être accommodés. En théorie, c’est une approche « sky is the limit » même si nous savons tous qu’en pratique une PME est contrainte par un budget,

Inconvénients des logiciels

  • Le coût d’investissement de départ est généralement plus élevé que celui d’une plateforme, même avec des outils libres de droits. Il faut en effet travailler avec une agence pour déployer le logiciel et mettre en œuvre les fonctions e-commerce, configurer les transporteurs, ajouter des moyens de paiement, etc. Lorsque la solution est fortement enrichie par rapport à la version de base du logiciel, il est possible que les coûts opérationnels soient importants, pour maintenir dans la durée un fonctionnement global équilibré. C’est aussi le cas pour les plateformes,
  • Le risque sur la viabilité de l’éditeur, que ce soit en libre de droits ou en payant est similaire à celui pour les plateformes.

Avantages des plateformes

  • Elles sont « prêtes à l’usage » : démarrer un e-commerce n’a jamais été aussi rapide,
  • Elles cristallisent un jeu de fonctionnalités et une logique commerciale dans une solution « prêt à porter » ou « clé sur porte ». L’e-commerçant hérite d’une série de processus et de bonnes pratiques e-commerce intégrées nativement à la plateforme,
  • Elles ont un coût intéressant pour l’e-commerçant qui démarre : le coût d’investissement est faible (plateforme pré-packagée et prête à l’emploi) et les coûts opérationnels sont limités au démarrage avec une solution basique,

Inconvénients des plateformes

  • C’est toujours du « prêt à porter » c’est-à-dire une version industrialisée, commune à tous les clients. C’est l’opposé du « tailleur » ; en d’autres termes si le « prêt à porter » ne convient pas alors la solution est disqualifiée,
  • Tous les concurrents potentiels utilisant la même plateforme disposent donc du même outil. Ainsi, en termes de fonctions proposées, la différenciation entre les opérateurs e-commerce est faible ou nulle, ce qui reporte la concurrence sur des éléments comme le prix et les stocks. Il faut être conscient de cela. On va tous à la guerre avec exactement les mêmes armes,
  • Il reste possible de développer par-dessus la plateforme, avec des composants ou du développement sur mesure pour créer de la différenciation et des fonctionnalités plus riches. Néanmoins, c’est plus complexe à obtenir et le risque est que les fonctions que vous aurez développées ne soient pas compatibles avec la prochaine version de la plateforme. On rencontre le même type de souci avec des plateformes ERP comme Odoo,
  • Si l’e-commerçant décide d’arrêter son contrat, il perd tout : son site e-commerce, la qualité du référencement naturel, il repart de la case départ. Il peut récupérer, le plus souvent, une liste de clients et de commandes, mais cela s’arrête généralement là,
  • Ces plateformes deviennent coûteuses quand on quitte le standard ou quand les volumes augmentent. Certaines plateformes exigent un pourcentage de commission sur les transactions e-commerce. C’est le cas de Shopify Plus dont le tarif démarre à plus de 2.000€ de frais de location mensuels avec en sus des commissions,
  • Il subsiste toujours un risque sur la viabilité de l’éditeur qui peut être racheté ou avoir des problèmes de qualité ou des difficultés financières, mais ceci est propre à tout éditeur de logiciel,

Une fois les différences entre « plateformes » et « logiciels » assimilées, un e-commerçant starter ou déjà opérationnel est déjà mieux outillé, mais pas encore suffisamment que pour faire un choix éclairé. Par éclairé, il faut comprendre « qui maximise les chances de succès de son projet » parce qu’en fin de compte, c’est l’essentiel pour lui ou pour elle !

Alors comment choisir de manière intelligente entre ces deux alternatives et tous les produits existants ?

Je vous propose ici une méthode éprouvée, en quatre étapes :

  1. Expression des besoins pour le projet spécifique de notre e-commerçant
  2. Cahier des charges fonctionnel ou la liste des fonctions que le futur e-commerce devra remplir
  3. Différencier les solutions technique selon les besoins fonctionnels et techniques
  4. Consultation de marché, sélection d’une shortlist, négociation, contractualisation et mise en œuvre du projet.

Voici, synthétiquement, le contenu de la réflexion, menée en quatre étapes successives.

Le choix ne doit pas être posé en fonction des spécifications de chacun des candidats logiciels ou plateformes, mais plutôt en prenant comme point de départ une expression des besoins réels de l’e-commerçant. Il faut donc éviter de commettre cette erreur et inverser la méthode. Il faut d’abord identifier ce dont l’e-commerçant a besoin avant de regarder ce que le marché peut offrir !

Cette expression des besoins dépend de multiples facteurs :

  • De l’étape de développement économique et commercial de l’e-commerçant : est-ce un starter (qui a un besoin de validations de marché), ou un débutant qui veut progresser (les premières ventes récurrentes sont en place et la croissance est le réel besoin), dans marché mature, un marché de niche protégé ou non, etc ? Ce contexte « business » va déjà apporter des éléments pour mieux choisir la solution,
  • De l’état de la concurrence existante sur le marché de l’e-commerçant, tant en ligne qu’en points de vente. Ceci concerne donc les offres déjà sur le marché, les services de stockage disponibles (en direct par le concurrent, via places de marché, en mode dropshipping, etc) et les offres de livraison des concurrents, tant en terme de tarification des livraisons que de logistique associée (durée, tracking, choix offert au client final),

Les éléments précédents vont permettre de définir un cahier des charges marketing et fonctionnel de l’offre en ligne de cet e-commerçant, au temps T.

Voici typiquement les questions à se poser durant cette analyse pour être capable de mettre par écrit une liste précise, structurée décrivant ce que le prochain site devra impérativement faire. Cette liste s’accompagne généralement de priorités (obligatoire, facultatif, éventuel).

  • Quels produits offrir, sous quelle forme et associés à quels services ? Ex. besoin d’un configurateur de produits pour que le client puisse, en mode self-service, déterminer ce qu’il doit acheter pour répondre à son propre besoins, que ce soit pour des clients de type B2C ou B2B. Idem pour les produits déclinés (par exemple la déclinaison selon la taille, la couleur, etc), pour les produits avec des variantes gratuites ou les produits dématérialisés, voire la combinaison de déclinaisons réelles et virtuelles (ex. édition de livres papier, ebook et audio),
  • Quelle gestion des stocks est nécessaire face à la concurrence ? Exemples : taille du stock propre avec expédition dans les X heures, gestion simple ou multi-entrepôts, dropshipping depuis le fournisseur de l’e-commerçant, sur commande avec réapprovisionnement, etc. De même le stock doit-il être partagé en temps réel avec un ou plusieurs points de ventes ?
  • Quel panel de prix proposer ? Le marché et la concurrence poussent-ils l’e-commerçant à devoir proposer des remises au volume, une carte de fidélité pour accumuler des réductions, des offres de type « quatre achetés trois payés », des réductions en fonction du volume d’achat trimestriel, de la guérilla marketing, etc,
  • Quelles solutions de transport proposer au client final pour la livraison ? Typiquement, faut-il proposer la livraison à la maison ou au bureau, en point relais, dans des lockers, sur palette, en incluant la notion de poids volumétrique, en multipliant les transporteurs proposés pour que l’acheteur final y trouve son compte avec le transporteur qu’il affectionne pour lui livrer chez lui ?
  • Quelles solutions de paiement proposer ? Par exemple par banque, par carte bancaire, en fonction des spécificités de chaque pays (Ex. bancontact en Belgique, My Bank en Espagne ou en Italie, Paypal), mais aussi en paiements échelonnés (buy now pay later) ou paiement après livraison et facturation ?
  • De quels éléments de réassurance doter le nouvel e-commerce ? D’office, en se conformant intégralement aux législations applicables en Europe et dans le pays de l’e-commerçant. Il n’y a pas photo, non seulement l’e-commerçant ne peut être hors la loi et à l’époque des scams, des clients avertis vont vérifier la présence et la véracité de nombreuses informations sur le site où ils pensent acheter : la mise en œuvre du RGPD, la gestion des cookies, la gestion des demandes de rétractation en ligne, les spécificités nationales (ex. Allemagne), etc. Cela peut sembler naïf, mais tous les outils e-commerce ne sont pas égaux devant la loi de ce point de vue …
  • D’autres paramètres comme le besoin de connecter une caisse (pour un point de vente) à un e-commerce préexistant ou encore de la facturation en ligne selon le modèle de l’Union européenne Peppol peuvent être des fonctionnalités obligatoires pour certains e-commerçants.

Etablir cette expression de besoins ne veut certainement pas dire « cocher toutes les cases ». En pratique, en PME, le budget de l’e-commerçant est assurément limité. L’e-commerçant doit donc se focaliser sur les fonctionnalités qui seront des conditions nécessaires pour atteindre les objectifs économiques de l’e-commerçant. Ici aussi, on a l’impression d’enfoncer une porte ouverte, mais l’alignement entre les besoins et les investissements consentis n’est pas trivial.

C’est sur la base de cette liste structurée d’exigences fonctionnelles que l’e-commerçant peut alors sélectionner une shortlist de candidats outils pour son nouvel e-commerce et ensuite consulter le marché.

La réponse technique aux besoins fonctionnels peut correspondre à trois méthodes de mise en œuvre. On parle souvent de « adopt, adapt ou develop », soit trois méthodes pour répondre aux besoins avec une solution logicielle ou de plateforme e-commerce. Vous allez vite comprendre.

  • Adopt: l’e-commerçant est dans une approche de se conformer fonctionnellement à l’offre de la solution e-commerce en adoptant les processus commerciaux proposés par cette solution plutôt que ceux de l’e-commerçant ou pensés par l’e-commerçant. C’est l’équivalent du prêt à porter,
  • Adapt:  ici, l’e-commerçant se conforme partiellement à l’offre de la solution e-commerce tout en y dérogeant pour certaines fonctionnalités impératives que cet e-commerçant doit proposer pour se différencier de la concurrence (ou s’y adapter). L’e-commerçant doit avoir pris conscience préalablement de la valeur ajoutée de ces « adaptations » versus le coût qu’elles vont engendrer,
  • Develop: l’e-commerçant ne trouve aucune solution à adopter ou à adapter par rapport à son modèle d’affaires. Il faut alors concevoir une solution logicielle sur mesure qui puisse répondre à ses besoins. Dans ce cas, on dépasse la solution de plateforme ou de logiciel e-commerce ‘du marché’ pour recourir à un développement sur mesure, sur la base d’un ‘framework’ le plus souvent (par exemples, dans la technologie PHP, Symfony ou Laravel). C’est la solution la plus différenciée, mais aussi la plus coûteuse, qui crée une dépendance significative à l’équipe qui aura développé la solution (pérennité, coûts, etc). Par contre, cette méthode peut être un redoutable outil de différenciation pour aider l’e-commerçant à travers vents et marées … pour autant qu’il ait les reins solides

Les solutions techniques disponibles sur le marché correspondent généralement à une ou deux de ces méthodes. Nous pouvons ainsi faire correspondre plateforme ou logiciel avec adopt, adapt ou develop :

  • Une plateforme (PAAS/SAAS) est la meilleure solution pour faire du « adopt », voire un certain degré de « adapt »,
  • Un logiciel du marché est adéquat pour du « adopt » et du « adapt »,
  • Une solution « develop » passera plutôt par la combinaison d’une expression systématique des besoins de l’e-commerçant, pour obtenir un cahier des charges et rechercher ensuite une équipe de développement (et pas un logiciel ou une plateforme) en mesure de réaliser ces développements et de maintenir ensuite la solution (maintenance adaptative et maintenance isofonctionnelle).

On est carrément sur d’autres budgets (de 10 à 20K€ pour une solution logicielle « adopt » ou « adapt », on passe à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une solution de « développement »).

A la fin de cette étape, l’e-commerçant doit savoir quelle méthode il souhaite (adopt, adapt ou develop), avec quel budget et  pour quelle shortlist de solutions pour son e-commerce. Il ne reste plus qu’à consulter le marché.

Nous ne nous attarderons pas sur cette étape, pourtant critique. Elle nécessiterait un article de la même taille que celui que vous lisez et je ne voudrais pas perdre le lecteur.

Typiquement, cette étape se base sur un cahier des charges fonctionnel, ainsi que des clauses non fonctionnelles et une série de clauses administratives pour pouvoir :

  • Consulter le marché d’une manière structurée et équitable,
  • Recevoir des offres,
  • Les comparer,
  • Si besoin demander à un ou plusieurs candidats de réaliser un prototype pour prouver ce qu’ils prétendent dans leur offre
  • Si besoin visiter des références de candidats,
  • Négocier,
  • Définir les jalons de facturation et de paiement (pour conserver le contrôle du projet),
  • Finaliser un contrat, le signer
  • Gérer le projet jusqu’à satisfaction.

N’oublions jamais que tant que le contrat n’est pas signé, il reste possible d’exiger des choses d’un candidat fournisseur. Plus après la signature. Enfin, une bonne consultation de marché doit déboucher sur un contrat dans lequel les deux parties ont confiance et qui permettra d’atteindre le CQFD : un projet au Coût prévu, avec la Qualité définie, l’ensemble des Fonctionnalités listées dans l’expression des besoins et dans le Délai imparti. Toute une histoire. Ici aussi, nous pourrions revenir longuement sur les raisons pour lesquelles en PME, mais pas seulement, les projet digitaux peuvent (souvent) échouer.

Les quatre étapes représentent un volume de préparation non négligeable, mais aussi des compétences spécifiques.

A priori, si ce n’est pas le métier du responsable de l’e-commerce, le chef d’entreprise est mal armé pour réaliser sans encombres ce trajet en quatre étapes, pour rappel (i) expression des besoins, puis (ii) identification de la meilleure solution entre « adopt, adapt & dévelop », (iii) consultation du marché et sélection du partenaire adéquat (compétences et « fit ») et enfin (iv) la réalisation du projet de mise en place ou de migration.

Il n’est jamais recommandable de faire confiance à une équipe de développement pour aider le chef d’entreprise à poser ses choix. C’est alléchant « mais oui, nous connaissons bien l’e-commerce, c’est notre métier de les mettre en place, faites-nous une confiance aveugle ! » L’entreprise de développement va très vite devenir juge et partie et veillera dans 99 cas sur 100 à favoriser ses propres intérêts aux détriments de ceux du client e-commerçant,

Alors comment faire ? Il existe des consultants spécialisés dans ce domaine, dont le but est d’accompagner l’e-commerçant tout au long de la réflexion et du processus pour lui présenter le panel de solutions au regard de ses besoins, éclairer son choix et faire en sorte de maximiser les chances de réussite du projet qui s’ensuivra, au coût optimal. Le consultant digne de ce nom est totalement indépendant et neutre et il veillera aux intérêts de l’e-commerçant mais aussi à ceux du fournisseur, parce que son but est de faire atterrir le projet avec la solution qui sera rentable pour son client e-commerçant.

Tout ceci peut sembler théorique, mais cela reste la bonne méthodologie pour choisir le bon outil pour atteindre le succès avec son prochain e-commerce. Regardons maintenant ceci de manière pratique.

Des exemples concrets de besoins différenciés de l’e-commerçant qui influencent le choix d’une solution ?

Etude de cas #1. Le starter qui démarre une nouvelle activité est dans un processus de validation de sa démarche.

Il se pose des questions comme :

  • Mon produit est-il vendable ?
  • Le négoce que je veux lancer peut-il survivre à la concurrence ?
  • Comment vais-je organiser ma logistique ?
  • Etc

Dans tous ces cas, le starter est en phase d’apprentissage, limité ou étendu.

A ce stade initial de son parcours e-commerce, il est préférable qu’il ne pose pas de choix contraignants qui pourraient s’avérer à l’avenir des voies sans issues.

Clairement, dans son cas, soit ce starter veut limiter au maximum ses dépenses et va privilégier une solution de plateforme pour tester son modèle, soit il est avers à l’idée de « louer » sa plateforme et préfère démarrer avec une solution logicielle peu onéreuse en mode « 100% adopt » en restant « propriétaire » de son site e-commerce.

Etude de cas #2. L’e-commerçant qui se sent bridé par sa solution technique actuelle alors qu’il est en croissance ou qu’il envisage de nouvelles fonctionnalités pour se développer.

C’est le cas quand il doit impérativement s’intégrer à l’ERP de son point de vente pour ne plus vendre en ligne des produits hors stocks ou lorsqu’il voudrait mettre en place des comparateurs spécialisés de produits ou réaliser le développement d’un sélecteur de produits, etc.

Dans ce cas précis, l’e-commerçant connait déjà son modèle commercial ; c’est une histoire qui commence à rouler. Il doit désormais se concentrer sur la technique pour déployer de nouvelles fonctionnalités. Il connait son marché et ses clients. Il souhaite apporter des réponses précises à des besoins précis.

On peut distinguer plusieurs scénarios de « migration » :

1. Si son e-commerce fonctionne actuellement sur une Plateforme : soit la Plateforme peut proposer des réponses techniques à ses besoins fonctionnels (adopt) à un tarif compétitif, soit ce n’est pas le cas,

2. Si son e-commerce utilise un logiciel e-commerce libre de droit ou du marché : même scénario, mais cette fois la question est de savoir si son prestataire peut « adapter » son logiciel e-commerce pour obtenir les nouvelles fonctionnalités, à un tarif compétitif, ou non.

Dans les deux cas, si la réponse est « non », l’e-commerçant devrait alors consulter le marché pour identifier quelles solutions « adopt », « adapt » ou « develop » peuvent rencontrer les nouvelles attentes fonctionnelles au tarif souhaité.

Il est donc potentiellement sur une étape charnière de changement de solution e-commerce avec une migration à la clé. Cela peut aussi être le cas lorsque la solution logicielle du site e-commerce est basée sur un développement sur mesure en fin de vie pour des raisons techniques ou fonctionnelles. C’est un cas typique des projets réalisés dans les années 2010/2015.

Dernière question : que disent les statistiques, en Europe et à l’international, sur les choix de solutions e-commerce ?

Voici une autre méthode pour avoir une vue pratique sur ce que le marché fait : des statistiques de parts de marché.

Il y a plusieurs angles de vue pour aborder des statistiques de parts de marché de chacun des outils e-commerce. Considérons la question sous différents angles histoire d’y voir clair et de rester indépendant.

En termes de nombre de sites, au niveau mondial, on trouve loin devant la Plateforme Shopify (en version de base) et le logiciel Woo Commerce. Puis viennent des logiciels e-commerce comme Magento, PrestaShop, la plateforme Shopify Plus ou encore le logiciel Shopware (source W3Tech 2026) :

Part de marché au niveau mondial des sites e-commerce (en pourcentage)

  • Woo Commerce
  • Shopify (de base, pas la version Plus)
  • PrestaShop
  • Magento (Adobe Commerce)

Parts de marchés par pays (en pourcentage)

  • Woo Commerce
  • Shopify
  • Prestashop
  • Magento / Adobe
  • Shopware
  • Wix

Si on ne regarde que l’Europe, il faut analyser ceci plutôt dans une approche sous-régionale, au niveau de chacun des pays.

Il y a en effet des disparités géographiques  pour différencier les marchés. Ceci permet d’affiner et de mieux expliquer les parts de marché (Source : Plug2Data – parts de marchés CMS e-commerce par pays).

Au-delà de parts de marché considérant tous les sites web égaux entre eux, la statistique la plus intéressante vient en dernier lieu : celle du chiffre d’affaires supporté par les différentes solutions évoquées dans cet article. On se rapproche ici d’une démarche réfléchie en fonction du besoins (et du stade de développement du business de chaque e-commerçant.

E-Commerce Nation a analysé ces chiffres en 2026 pour le marché Français. Voici les principales conclusions de leur rapport :

  • 512 sites e-commerce analysés,
  • 661 entreprises identifiées sur la base de leur numéro d’entreprise,
  • 89% du marché concentré sur trois CMS : Shopify, Woo Commerce et PrestaShop,
  • 68,1% des sites reposent sur de l’open source,
  • 7,96 milliards d’euros de CA pour les e-commerçants utilisant PrestaShop,
  • 5,76 milliards pour Shopify (version de base et version Plus cumulées),
  • 4,79 milliards pour WooCommerce,

Ces statistiques de chiffre d’affaires cumulés par outil confirment bien ce que nous avancions ci-dessus : Shopify a une part de marché colossale pour les starters qui s’attaquent à l’e-commerce alors que PrestaShop (champion national en France) est leader pour des sites e-commerces bien installés et en vitesse de croisière.

L’entreprise PrestaShop (qui édite le logiciel dans une version libre de droits et une version SAAS) a, de par le passé, déjà indiqué que son cœur de cibles est constitué par les entreprises visant au-moins 1.000.000€ de chiffre d’affaires annuel.

Chiffres d'affaires pour les commerçants (en milliards d'euros)

  • CA

Répartition des sites en fonction du chiffre d’affaires réalisé (juillet 2026, en pourcentage)

  • Plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • Entre 1 million et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • Moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires

La FEVAD  est la Fédération du e-commerce et de la vente à distance en France. Elle édite annuellement des chiffres de marché sur le commerce électronique en France. Et notamment cet intéressant chiffre de la répartition des sites en fonction du chiffre d’affaires réalisé (juillet 2026) :

  • 1,2 % des sites réalisent plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • 6,5 % des sites réalisent entre 1 million et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • 92,4 % des sites réalisent  moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires

En additionnant les tranches supérieures, cela signifie qu’un peu plus de 7,7 % des sites e-commerce en France atteignent ou dépassent le seuil du million d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Dans le segment supérieur des clients à plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, selon les statistiques mondiales de W3Techs, Shopify Plus équipait en 2026 115.773 sites e-commerce alors que PrestaShop atteignait 167.213 sites et Magento (Adobe Commerce) 175.389 sites.

Le couteau Suisse de l’e-commerce n’existe pas. En d’autres termes l’adage anglophone du « one size fits all » est fausse pour les outils e-commerce.

Avant de se laisser influencer par les coqueluches du marché ou les offres qui ont un marketing agressif ou chatoyant, il est essentiel de se concentrer sur les besoins du futur site pour mieux qualifier quels outils sont réellement pertinents, selon une méthodologie éprouvée, le cas échéant, avec un consultant spécialisé.

The Right Move (TRM) dispose à la fois d’une équipe de conseil et d’une équipe de développement pour des solutions e-commerces basées sur les logiciels PrestaShop et Woo Commerce. TRM préfère déployer pour ses clients déjà actifs en e-commerce des solutions où le client est propriétaire (investissement) plutôt que locataire, essentiellement dans le but de travailler dans la durée.

Christian Janfils est consultant en e-commerce dans les PME depuis plus de 25 ans, après une carrière Corporate auprès de prestataires informatiques et de télécommuniques de classe mondiale.

Consultez-nous sans engagement pour vos questions e-commerce.

L'auteur

Christian Janfils, Functional manager & webmarketeer (Administrateur) The Right Move SRLChristian Janfils

Functional manager & webmarketeer (Administrateur)
The Right Move SRL

Fort de 25 ans d’expérience à l’intersection du conseil business et de la technique, Christian assure la conception et l’opération au quotidien de solutions e-commerce.

The-Right-Move-LogoIpadRetinaThe Right Move

Création, Gestion de sites E-commerce & webmarketing

The Right Move vous propose ses conseils en communication et vous accompagne pendant la conception d’un site e-commerce ou d’un site web vitrine. Nous suivons votre croissance de près, tant comme cabinet conseil que pour votre gestion opérationnelle.

Les commentaires sont fermés